Les 3 questions essentielles à poser avant d’acheter une œuvre d’art


Que lon soit acheteur dart averti ou néophyte, la pléthore doffres d’œuvres dart est telle, aujourdhui, quil est impossible dacheter en conscience (que ce soit au niveau du prix ou du sens donné à une œuvre dart) sans poser quelques questions clés au vendeur, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, à la galerie.

Quelles questions poser à la galeriste (ou au galeriste) avant de se décider. 

1/ Pouvez-vous men dire plus sur cette œuvre d'art ? 

La question na pas tant pour objet den connaitre plus sur l’œuvre ou sur lartiste que de vérifier lapproche de la galerie sur la vente dune œuvre dart. Est-ce pour elle un simple business ? A-t-elle un fort background dans le monde de lart ? Si oui, est-ce plutôt par une intervention dans le marché de lart (position souvent traduite par « avoir pignon sur rue » et son corrélat « œuvres chères ») ou la galerie est-elle plutôt actrice dans le monde artistique, par des happenings ou une recherche de sens, par exemple ?

Pourquoi cette question est-elle essentielle ?  

Parce qu'elle va vous indiquer de degré de fiabilité de la galerie, sa manière de suivre et d'accompagner l’œuvre ou l'artiste, sa conscience professionnelle et sa connaissance du sujet.

2/ Pouvez-vous men dire plus sur cet artiste ? 

Cette question, à poser, avant un achat d’œuvre d'art même si vous connaissez bien lartiste en question, a également pour fonction dexplorer la position et lattitude de la galerie vis-à-vis de lartiste en question.

Pourquoi cette question est-elle essentielle ?

Parce qu'elle va vous permettre de percevoir si la galerie a une position et une attitude éthique vis à vis de l'artiste. Malheureusement, les nombreuses plaintes des artistes concernant l'attitude des galeries à leur endroit montrent que toutes n'ont pas une approche totalement éthique de la représentation d'un artiste.

3/ Pourquoi ce prix ? 

Cest THE question qui va vous permettre 1) de savoir si une négociation peut être ouverte 2) Si vous payez cette œuvre le prix juste ou si sont inclus dans le prix pléthore de frais qui viennent sagréger au coût de création de l'œuvre elle-même, dans le cas dune galerie internationale, par exemple qui dépense un très fort budget en promotion... Auquel cas vous prenez le risque d'acheter l’œuvre à un prix supérieur à sa valeur réelle perçue par le marché.

Comme on peut le constater, ces trois simples questions sont des questions ouvertes, car lidée est de parvenir à sérier le contexte dans lequel est vendue cette œuvre et donc, si vous payez le juste prix, ou si vous faites lacquisition dune œuvre à un prix totalement surévalué. Ces questions sont devenues particulièrement importante aujourdhui pour lacheteur dart avisé (ou néophyte) car le marché de lart s’étant totalement démocratisé mais étant toujours tenu dune main de fer par un marchéqui s’auto entretient, les prix ont tendance à suivre des voies un peu holé holé.

Si vous souhaitez former un peu plus votre approche en tant quacheteur dart et aiguiser à la fois votre œil et votre démarche, inscrivez-vous à la newsletter et n'oubliez pas de suivre les posts de la rubrique Marché de l'art.


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La valeur et le prix des oeuvres d'art

Etablir la valeur d'une oeuvre d'art est un casse-tête cornélien dans la mesure où l'art est par essence un univers subjectif, dont l'ambition initiale est à mille (lieux) lieues du commerce. C'est sans compter l'art et la créativité qu'a l'humain pour valoriser l'inestimable et vendre l'invendable.

Cette table ronde d'une cinquantaine de minutes fait un tour d'horizon de cette capacité et livre quelques clés essentielles pour comprendre les rouages du marché de l'art.





Voir aussi les posts Comment s'établit le prix de l'art ; Hic et Art ; et tous les articles de la rubrique Marché de l'art.
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Art contemporain, l'anthropocentrisme remis au (mauvais) goût du jour.

Sorti des presses en février 2016, le livre La valeur de l'art contemporain pose la question de la valeur des œuvres de ce courant artistique. Ce petit essai court, perspicace et brillant fait partie des "must read" (à lire absolument) actuels pour qui veut aiguiser son regard sur l'art contemporain et en comprendre les rouages profonds.

Les auteures (1) partent d'un constat : au fil du temps depuis les années 1960 (2), "ce sont désormais les artistes et leur démarche que le monde et le marché de l'art évaluent, bien au-delà du produit fini que représentent leurs créations parfois éphémères" et "ce ne sont plus des normes esthétiques établies qui sont au coeur des processus d'évaluation économique et artistique, mais l'ensemble des acteurs du monde de l'art (galeristes, collectionneurs, critiques, artistes, administrateurs, conservateurs, commissaires, etc.). L'essor du marché de l'art a ainsi rendu plus complexe le lien entre valeur marchande et valeur artistique, et le décrochage entre ces deux valeurs semble être l'une des nouvelles caractéristiques de l'art contemporain".

Alors, c'est simple, ce constat décrit une situation qui porte un nom dans l'histoire des sciences : l'anthropocentrisme. Cette vision du monde initiée par Aristote, qui considère l'homme comme le centre de l'univers a dû attendre l'époque de Galilée, Copernic, Tycho Brahe et autres lumières des époques lointaines pour être balayée par la démonstration que la Terre n'est pas au centre de l'univers et que par conséquent l'homme ne l'est pas non plus...

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Comment s’établit le prix d’une œuvre d’art ? Partie 1



Euro Construction
 Par Erina (Travail personnel) [Public domain],via Wikimedia Commons

 

Établir le prix d’une œuvre d’art est un sacré casse-tête !


De multiples niveaux et de nombreux paramètres sont à prendre en compte pour ce faire. Sur quels critères est basée la détermination du prix d’une œuvre ? Sur le talent de l’artiste qui l’a créée ? Sur la puissance esthétique qui émane d’elle ? Sur son potentiel en termes de placement et sa capacité à produire des gains ?


Les œuvres émanant d’artistes morts

Prenons l’exemple de Van Gogh, emblématique, dont chacun sait qu’il est mort dans la quasi misère (1).

Le Portrait du Docteur Gachet, peint en 1890, fait partie des toiles les plus chères jamais vendues : plusieurs dizaines de millions de dollars au multimillionnaire japonais Ryoei Saito via Christies, en 1990, exactement cent ans plus tard.

Que s’est-il passé entre les deux dates, sachant que Vincent Van Gogh, s’il pouvait être apprécié de son vivant, n’avait vendu qu’une toile (ou très peu) et que ses toiles se vendaient aux alentours de 1000 F après sa mort ?
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