Qui n'a pas été comme percuté par le choc esthétique d'une œuvre d'art n'a sans doute pas encore vécu la plénitude liée à la contemplation d'une image (ou d'une photo, ou de toute forme de création artistique). Mais le choc est-il seulement esthétique ? Qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière le plaisir puissant que l'on peut avoir à regarder un ensemble de formes et de couleurs* ?
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| IKB 191 (1962) Yves Klein |
Vous est-il déjà arrivé d'être comme scotché, ou littéralement aspiré par une œuvre
d'art ? Une peinture, une image ou une musique ? Vous tombez dessus par hasard,
en déambulant
dans un musée,
en passant devant la vitrine d'une galerie ou d'un commerce ; ou alors le son
d'une musique vous arrive aux oreilles au moment où vous vous y attendez le moins. Et là, vous vous
immobilisez, les sens en alertes, le temps suspendu et vous regardez (ou écoutez). Une partie
de vous-même
se laisse emporter, flottant entre ici et nulle part pendant que votre cerveau
analytique hurle son désaccord
dans la mesure où il
n'a pas d'explication rationnelle au phénomène.
Ce choc, bien plus qu'esthétique,
est sans doute la première
prise de conscience de la profondeur et de la puissance d'une œuvre
d'art.
Tout amateur d'art passe-t-il par ce genre d'expérience ? La réponse est
probablement oui.
